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C’est l’une des toutes premières décisions à prendre en devenant frontalier — et l’une des plus lourdes de conséquences : choisir entre la LAMal suisse et la CMU française pour son assurance maladie. Ce choix s’appelle le droit d’option, et il mérite qu’on s’y attarde, car il est généralement définitif pour toute la carrière.

Le droit d’option : un choix à faire dans les 3 mois

Dès votre prise de poste en Suisse, vous disposez de 3 mois pour choisir entre :

  • La LAMal, l’assurance maladie obligatoire suisse
  • La CMU / PUMA, la couverture maladie française via la Sécurité sociale

Passé ce délai, vous êtes automatiquement affilié à la LAMal, sans retour en arrière possible. Le choix, une fois exercé, est en principe irrévocable — sauf cas particuliers (reprise d’activité frontalière après chômage indemnisé, passage au statut de pensionné, changement définitif de pays de résidence).

La LAMal : la couverture suisse

La LAMal fonctionne sur un principe de prime individuelle, fixe, qui ne dépend pas de vos revenus. Chaque membre de la famille — y compris les enfants — doit avoir son propre contrat et sa propre prime.

Pour 2026, la prime moyenne s’élève à environ 393 CHF/mois pour un adulte, avec une franchise annuelle de 300 CHF et une quote-part de 10% des frais jusqu’à un plafond de 700 CHF/an. Les enfants coûtent généralement entre 100 et 150 CHF/mois chacun.

Cette couverture donne accès aux soins en Suisse comme en France (via le formulaire S1), ce qui en fait un choix pertinent si vous consultez régulièrement des praticiens suisses.

La CMU (PUMA) : la couverture française

Avec la CMU, votre cotisation est calculée en pourcentage de votre revenu fiscal de référence, après abattement — soit environ 8% du revenu, une fois l’abattement forfaitaire déduit. Concrètement, plus vos revenus sont élevés, plus la cotisation grimpe.

L’avantage principal : votre conjoint et vos enfants sont couverts sans cotisation supplémentaire, tant qu’ils sont à votre charge. En contrepartie, l’accès aux soins en Suisse est limité aux situations d’urgence — pour tout le reste, il faut se soigner en France.

Alors, LAMal ou CMU ?

Il n’y a pas de règle universelle, mais quelques repères utiles :

  • Revenus modestes et famille nombreuse : la CMU est souvent plus économique
  • Revenus confortables ou élevés : la prime fixe de la LAMal devient vite plus avantageuse qu’une cotisation proportionnelle
  • Soins principalement en Suisse : la LAMal offre un accès plus direct
  • Soins principalement en France, médecin traitant français : la CMU simplifie les démarches

Dans les deux cas, une complémentaire santé adaptée aux frontaliers reste recommandée pour couvrir ce que la couverture de base ne prend pas en charge (dentaire, optique, chambre privée…).

Ce qui change en 2026

Bonne nouvelle temporaire : la réforme qui devait intégrer les frontaliers dans le mécanisme de compensation des risques — et potentiellement faire grimper les primes LAMal — a été reportée à 2028. Les primes 2026 restent donc stables par rapport à 2025. Cela ne change rien à l’urgence de bien choisir dès le départ : ce répit ne doit pas faire oublier qu’une décision mal calibrée aujourd’hui peut coûter cher pendant toute une carrière.

Ce choix engage plusieurs dizaines d’années — mieux vaut le poser avec les bons chiffres sous les yeux plutôt que dans la précipitation des 3 mois. Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce qui correspond à votre situation, contactez-moi — l’échange est sans engagement.